jeudi, 11 mars 2010

Simon LELOUCH, la passion obstinée


Nous nous connaissons depuis l'enfance, même uniforme, même cour de récréation, mêmes idoles. Une amitié brouillonne parfois teigneuse qui a survécu aux pièges tendues par de généreuses demoiselles, aux illusions d'un succès prématuré, aux rappels à l'ordre musclés. Une amitié fidèle parfois lointaine, jamais suffisamment cependant pour oublier. C'est un réalisateur de cinéma talentueux et pressé, parti depuis longtemps à l'assaut de sa montagne, qui accepte, aujourd'hui, de se livrer au jeu des questions réponses  pour le blog de l'atelier de motivation .

22148_218579057167_568197167_2704783_7049251_n.jpg"Simon, ton dernier court métrage "7.57 AM-PM" est à l'affiche de plusieurs  festivals de cinéma à travers le monde. De Paris à Amiens, de Sarlat au Japon, de Vienne à Aspen, une reconnaissance internationale qui doit te faire du bien ?"

Il y a quelques années j'avais réalisé un court métrage "Nous sommes tous des Anges" qui avaient bien marché à l'international. Cette expérience m'avait ouvert les portes de la publicité. J'avais alors opté pour cette voie, réalisateur de pub. Ecrire des histoires, mes histoires, me manquaient. je m'y suis donc remis avec l'ambition de faire un long métrage. Alors oui ça me fait du bien, je ne m'emballe pas, je prends tout cela avec beaucoup de plaisir. Parler du film, accueillir la réaction des spectateurs, dialoguer m'aident à comprendre…


t'aide à comprendre ?

M'aide à comprendre pourquoi j'ai fait ce film après plusieurs années difficiles je veux dire.

J'imagine que tu parles des moments de doute que tu as dû traversé pendant les périodes de création et peut-être de recherche de financement ?

Le doute est un mot faible. Je parlerais plutôt de remise en question violente, à se taper la tête contre les murs. Je me suis surpris à implorer une force supérieur que cette passion dévorante me laisse en paix…Des mois voir des années sur un projet avec en toile de fond :dettes, entourage qui s'épuise,  regard des autres pas toujours tendre...tout ça pourquoi ?

Tout ça pour ça*…peut-être, non ?22148_218583977167_568197167_2704799_3746391_n.jpg

Je vois que tu connais tes classiques. Lors de la présentation du film à Paris au début de l'année, il y avait du monde et c'était bien là l'essentiel .Mais non il a fallu que je me focalise sur les absents. Les journalistes, producteurs, distributeurs, amis qui n'étaient pas venus. Pourquoi n'étaient-ils pas là? Con comme question ! Elle résonnait en moi avec tellement de fracas jusqu'au moment, après la projection, où quelqu'un me dit "tellement dommage qu'on passe souvent au plus près du talent sans y prendre gare !" Cette personne ne parlait évidemment pas de moi mais du musicien du métro** dans le film, que les gens écoutent sans entendre, regardent sans voir.À force d'obstination il finit par capter l'attention. Arrêtons, moi le premier, de perdre du temps à chercher ce qui n'existe pas et ouvrons grand les yeux.C'est pour ça que j'ai fais ce film, ma vision à moi de la résilience.(il se marre).Bon ça ne marche pas à tous les coups la preuve…mais c'est le chemin qui compte..."


Dans ces moments là comment fais-tu pour franchir l'obstacle? tu as un truc ?

Je ne crois pas avoir de truc. Je crois à l'exemplarité. Un réalisateur comme Pialat a fait son premier long à 42 ans, Borhinger et Berléand ont percé sur le tard. J'ai 20 ans de cinéma derrière moi, des dizaine de films de pub, de court métrages, des jobs d'assistants de metteurs en scène prestigieux, mais toujours la même quête. Alors oui je pense à eux, ça m'encourage.

Justement parles-nous de ton projet de long métrage

Je peux te donner le titre "Klm 0", j'y travaille depuis 3 ans. C'est vrai qu'en ce moment le succès du court entraîne un intérêt pour ce projet. Encore heureux (il se marre à nouveau).6240_109212967167_568197167_1988821_6420380_n.jpg

Simon Lelouch, bientôt au sommet de sa montagne ?

Tu sais dans mon programme il est prévu d'enchaîner plusieurs sommets à la suite. Disons que je suis en train de passer de la moyenne montagne à la haute montagne. Le tout est de respecter les paliers pour ne pas s'asphyxier.

La phrase qui te donne des ailes ?

Tout est difficile avant d'être simple…

Merci  Simon

Merci à toi (dit-il en s'éloignant,  on l'attend déjà pour une nouvelle projection…)


22148_218574162167_568197167_2704751_3215634_n.jpgVisionner le court métrage de Simon LELOUCH

Cliquez ICI

 

 

 

 

 

* Tout ça pour ça- film de Claude Lelouch sorti en 1993.
**Le 25 mai 2009, Renaud Capuçon a tenu à participer à ce film en interprétant sur la ligne 6 du métro parisien « La Mélodie » de Gluck sur un Guarnerius de 1737 surnommé « le vicomte de Panette ». Deux jours plus tard sa prestation au Théâtre des Champs-Élysées affichait complet...

mardi, 02 mars 2010

L'art de la lettre de Non-Motivation par Julien Prévieux

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On n'en a tous rêvé au moins un fois devant l'ineptie de certaines offres d'emplois parues dans la presse, Julien Prévieux l'a fait (photo).
Au début des années 2000, ce jeune diplômé des Beaux-Arts et titulaire d'un master en Biologie écrit des dizaines de lettres de motivation, sans résultat. Fatigué et passablement agacé de cette situation il décide de se mettre à écrire des lettres de non-motivation. 1000 lettres plus tard, un éditeur lui proposera de sortir un recueil de 30 perles. Lors du Festival des Correspondances de Manosques, l'acteur François Morel et la chanteuse Juliette liront au public plusieurs d'entres elles.

Je vous invite à Lire l'article de Jean-Baptiste Roch publié sur le site de Télérama et à vous faire du bien en Ecoutant la lecture des lettres de non-motivation(...bas de l'article)

Aussi corrosif que touchant, la désobéissance de julien Previeux l'aura conduit, contre toute attente, sur le devant de la scène.

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Le Motivateur

Consultez ici les lettres de Julien

mercredi, 24 février 2010

Faire de sa passion une activite lucrative, du rêve à la réalité!


Le période n’est pas réjouissante, cela fait même un moment que ça dure. Et pourtant les médias annoncent des profits records pour plusieurs établissements bancaires…Cherchez l’erreur ! Surtout quand pour nous le simple fait de penser « AVENIR » déclenche des migraines tenaces. Alors imaginer faire de sa passion, un métier, et puis quoi encore ! C’est bien mignon de rêver mais ça ne nourrit pas son homme !

Que va-t-on devenir ?

Allons-nous nous contenter de donner le change, tenir bon parce qu’il le faut bien, parce que nous n’avons pas le choix, et les jours où la coupe est pleine, dégainer à tout va sur les patrons, les institutions, les autres, ces foutus autres, comme autant de prétextes à tous nos malheurs ?

Va-t-on devoir stocker au fond d’un container en partance pour l’autre monde, nos rêves, nos envies de jours meilleurs ou peut-on envisager, malgré tout, un avenir à la hauteur de nos espérances ?

Comment s’y prendre pour écrire sa propre partition et en finir avec cette musique inaudible ?

Cette question je me la suis souvent posé et suis arrivé à la conclusion qui n’engage que moi (précision utile pour les  grincheux qui ne vont pas manquer de m’allumer) que «Toutes nos névroses commencent lorsque nous essayons d'être ce que nous ne sommes pas* »

Lorsque j’ai décidé de franchir le pas, tenaillé par une passion évidente, et d’embrasser le métier de « motivateur », le pari était osé. Le succès ne s’est pas précipité à ma porte, loin s’en faut. J’ai très vite accumulé les retards de paiement, loyers, pension alimentaire, factures en tout genre. Je n’avais pas encore vraiment trouvé mon style et en prime devais composer avec le regard ébahi de mes relations professionnelles qui voyaient là un bien étrange moyen de "faire de l'argent" comme ils disaient. Bref j’empilais joyeusement les « emmerdes ».À cette époque (pas si lointaine) j’avais un surnom : Le champion sans pognon!
J'ai mis du temps à ne plus me sentir coupable d'être qui je suis, à ne plus vouloir tordre la réalité pour la faire coïncider par tous les moyens à certaines de mes croyances. Alors aujourd'hui en cas de coups durs je me dit toujours « insiste, il est écrit nulle part que c’est impossible ! »

Evidemment qu’après un entretien stérile, où je ressortais bredouille, sans contrat, j’ai parfois été  tenté de tout envoyer balader et de reprendre un "métier dans la norme", mais l’aurais-je pour autant trouver ? Mon parcours devenant tellement atypique qu’il aurait certainement fallu placer le recruteur sous hypnose pour lui faire oublier tous ses préjugés ! Et puis à force d’insister, de raconter des histoires, de vivre la vie que j’avais choisi, les autres se sont habitués, les regards ont changé. L’étonnement s’est fait approbation, les mercis ont remplacé les pourquoi. Des dizaines de personnes à la fin de chaque atelier me témoignaient leur sympathie et me donnaient la force de repartir à l'assaut. À chaque fois que j’ai douté du marché, des autres, de mes capacités, je me suis  demandé si mon comportement est en phase avec mes objectifs, si le Succès après lequel je courrais était celui des autres ou le miens? Alors oui, même s’il m’arrive encore régulièrement de me poser la question, 
ce jour où j’ai décidé d’accepter ce que j'étais profondément m'a mis sur le chemin pour obtenir ce que je voulais!

Je vous laisse avec cette pensée qui frappe fort de J.Bucay* « Tout a commencé ce jour gris où tu as fièrement cessé de dire JE SUIS…et où mi-honteux mi-craintif, tu as baissé la tête et changé tes paroles et tes attitudes pour une pensée terrible: je devrais être".

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Le Motivateur

jeudi, 18 février 2010

Entreprendre, soif de liberté ou parade au chômage ?

"Se mettre à son compte" comme on dit, ne rendre de compte qu'à soi, voler de client en client, une vie de super héros à laquelle beaucoup d'entre nous ont rêvé au moins une fois. Certains ont franchi le pas après mûre réflexion, d'autres sur un coup de tête dans le fracas d'une porte qui se claque, d'autres encore ont trouvé là, le seul moyen de s'extirper de la nasse du chômage! Pouvoir à nouveau échanger une carte de visite, afficher la promesse d'un statut , peu importe pour l'heure s'il n'est qu'illusions pourvu qu'elles soient les prémisses de lendemains qui chantent. Et pour tous, l'apprentissage garantie de la liberté, sans filet ni kit de survie….

Se risquer à miser sur soi à ceci d'effrayant que pour beaucoup ce n'est pas une attitude naturelle. De l'état providence aux réseaux de franchises (vous admirerez le raccourci) l'assistanat reste une valeur sûre, un refuge à l'abri duquel, attendre est encore le meilleur moyen de ne pas se tromper.

Pourtant se risquer à miser sur soi, changer de job, en retrouver un, créer son entreprise, inventer son métier,  c'est passer un jour, du mode ATTENTE au mode ACTION.
Alors à vous tous, serial entrepreneurs comme sceptiques chroniques aux arguments implacables, à vous qui n'osaient pas franchir le pas pensant manquer de connaissances, de réseaux voir de diplômes à valoriser, laissez-moi vous raconter une histoire*

"Dans ce petit village, être le concierge du Lupanar était l'assurance de ne pas attirer les faveurs des jeunes filles promises. Il n'existait pas de métier plus mal considéré et plus mal payé que celui de concierge du lupanar  . Et pourtant depuis des décennies si le Lupanar était passé de père en fils, il en était de même pour la loge du concierge. Concierge depuis plusieurs générations, allez comprendre, une vocation peut-être ?

L'actuel concierge ne savait ni lire ni écrire, comme son père, son grand-père…Aucun d'eux n'avait jamais appris…
Un jour, le vieux propriétaire du Lupanar mourut. Son fils, un jeune homme plein d'ambitions, créatif et entreprenant, diplômé de la grande école de commerce, prit la direction des lieux. Il donna des instructions strictes à chaque membre du personnel. Au concierge, il demanda non seulement d'être à la porte, mais de préparer en plus un rapport hebdomadaire dans lequel il noterait les commentaires des clients, établirait des statistiques et recueillerait leurs doléances. Tout ceci, dit le jeune propriétaire, dans le but de satisfaire notre clientèle et d'augmenter nos profits pour le bien de tous.

Le concierge du Lupanar osa timidement prendre la parole. "Mon jeune maître, vous êtes ambitieux et vos idées vont  permettre à notre établissement bien aimé de prospérer et vous savez que rien ne me serait plus agréable que de suivre vos instructions à la lettre mais…Il du s'interrompre gagné par l'émotion avant de reprendre
" Je ne sais ni lire ni écrire, je n'ai jamais appris!"

"Et bien cher Concierge, vous me voyez obligé dans ces conditions de vous congédier" dit avec fermeté le jeune propriétaire
"Mais enfin vous ne pouvez pas jeune maître, je travaille ici depuis toujours, mon père avant moi, mon grand père avant lui, je ne sais rien faire d'autre !" répondit abattu le concierge.
"Rassurez vous, vous serez indemnisé le temps de trouver une autre occupation mais comprenez que vous ne correspondez plus à mes critères." Le concierge n'entendit pas la fin de la réponse du jeune maître et pris la direction de la porte en trainant son âme avec ses pieds

Plus tard, assis sur les marches devant sa modeste maison, il réfléchissait de toutes ses forces au métier qu'il pourrait maintenant exercer . Soudain, une lueur éclaira ses yeux humides, il se souvint qu'au Lupanar, il réparait souvent les lits, les pieds d'armoire tordus, fixait la plomberie chancelante… Il chercha dans toute la maison les outils dont il avait besoin, mais ne trouva que quelques clous rouillés et un vieux marteau. Il devait investir et songea à s'acheter une caisse à outils. Il pourrait ainsi proposer ses services aux habitants du village
La première quincaillerie se trouvait au chef lieu. Pour s'y rendre, il devait faire deux jours de voyage à dos de mule (et deux jours pour le retour...). Il ne pouvait pas rester sans rien faire, il y a bien longtemps que la pluie n'apportait plus de pièces d'or…Il se mit donc en route .

A son retour, son voisin qui avait appris le motif de son voyage, sonna chez lui pour lui emprunter un marteau. L'ex-concierge en avait besoin pour travailler. Son voisin lui proposa alors de lui acheter car lui n'avait  certainement pas quatre jours à perdre pour aller au chef lieu. Il lui proposa de payer le marteau, plus l'aller-retour en guise de dédommagement pour la peine accumulée sur la route.
Lorsqu'un autre voisin très occupé avec sa boulangerie appris ce qui se passait, il lui demanda plusieurs outils pour réparer son fournil et fabriquer un autre comptoir. "je n'ai pas comme toi quatre jours pour faire mes courses, je te paye les outils et le voyage.
Après avoir livré ses deux premiers "clients", l'ex concierge et commerçant débutant décida de prendre un risque, profiter de ce que le boulanger lui ait payer le voyage pour acheter plusieurs outils d'un coup et les revendre à son retour avec un bénéfice.!!

Au bout de quelques mois, il ouvrit la première quincaillerie du village. Puis il se dit qu'il pourrait fabriquer ses propres outils lui même, têtes de marteau, les tenailles, les pinces, les burins…pour faire encore plus de marge
En dix ans, à force d'honnêteté et de travail, cet homme devint millionnaire, devenant l'entrepreneur le plus puissant de la région.

Il était si puissant, qu'il décida d'offrir une école à son village. Le maire organisa une fête pour inaugurer l'école et un dîner en l'honneur du bienfaiteur.

Au dessert, le maire demanda au commerçant, pour lui faire honneur, d'apposer sa signature sur la première page du registre de la nouvelle école.
Le riche commerçant qu'il était devenu dit  "Monsieur Le maire, vous savez comme j'aime mon village et comme je m'efforce de servir ma communauté, vous savez aussi que rien ne me ferait plus plaisir que de parapher votre registre….mais

"Qu'y a-t-il ? allons parlez cher ami"
"Je ne sais ni lire, ni écrire…je n'ai jamais appris

Très Surpris, le maire s'exclama " Vous qui avez si bien réussi, quel empire auriez-vous bâti en sachant lire et écrire ?"

"Oh Monsieur le Maire si j'avais su lire et écrire... je serais resté le concierge du Lupanar !"

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Le Motivateur



* Version libre d'un récit de J.Bucay , tiré du talmud et cité par M.Buber…
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mardi, 16 février 2010

452 €, le rêve d'une vie ! (PHILIPS, de la Technologie à la Voyoucratie)


Chaque homme a un rêve bien à lui.  Il passera une partie de sa vie à tenter de l'apprivoiser.Pour le dompter il devra compter sur son abnégation quotidienne, sa capacité à repousser ses limites, allonger la durée de ses efforts, jusqu'à l'épuisement parfois. Chaque jour il vivra son rêve, une fois, dix fois, cent fois jusqu'à se persuader qu'ils ne font qu'un. Il deviendra avec le temps son meilleur compagnon. Celui qui dans les moments  douloureux sera toujours présent sans juger, sans parler, sans trahir… Un compagnon de l'ombre qui ne vivra, pourtant, que pour connaître la sensation du grand jour .

Ce sentiment  fragile dans lequel nous mettons tant d'espoir ou de fantasmes c'est selon, a aussi besoin des autres pour s'épanouir. Et c'est là que les choses se gâtent….souvent.
Tenrence Henbury White, auteur anglais, avait coutume de dire "Peut être donnons-nous tous le meilleur de nous même à ceux qui, de leur coté, ne nous accordent que rarement une pensée."

Après tant d'années passées à tenter d'apercevoir une éclaircie dans la grisaille quotidienne pour qu'enfin puisse s'échapper le rêve d'une vie, il ouvrira machinalement sa boite aux lettres. Ce sera un samedi. Il y trouvera une missive de son patron,  celui de la grande usine sans couleur, celui pour lequel il a travaillé trente ans. Cette missive dira, "Ne revenez pas Lundi, votre usine sans couleurs va fermer ses portes. Vous  n'êtes pas assez rentable, trop vieux à 40 ans, vieillard à 45, impotent et sénile à 50 ans. Nous préférons exporter le rêve de rentabilité de nos actionnaires dans un pays lointain".

Notre homme restera debout, pétrifié. Il aura pourtant senti quelques instants, ouvrant sa missive,  son coeur s'emballer, ses yeux s'humidifier , imaginant une augmentation, une promotion, une lettre de remerciement. Un geste qui lui donnerait suffisamment de fierté pour avoir la force de laisser échapper son rêve….

Dès cet instant je ne sais pas quel sentiment dominera son coeur ? La douleur d'avoir été TRAHI au bout du compte ? Ou la bêtise d'avoir pu croire l'espace de quelques secondes que le chef de la grande usine sans couleur ait pu lui dire MERCI ?

Ils seront 212 rêveurs à recevoir la même lettre ce samedi*là.
212 rêveurs qui ont un rêve bien à eux.
212 hommes et femmes trahis, méprisés au nom d'un rentabilité à court terme. C'est comme si tout d'un coup les penseurs de la grande usine sans couleurs se persuadaient qu'ils pouvaient exister deux mondes.  Un qui fabriquerai à bon compte des produits qu'il ne pourra jamais s'offrir et l'autre, intoxiqué, qui s'endetterai avec frénésie pour se les offrir! Théorie piquée à la " bibliothèque rose" : ce serait oublier que sans travail, difficile de consommer…Bande de cons

Bon prince et aussi parce que la loi l'oblige, et oui tout ça est parfaitement légal, les penseurs de la grande usine feront une offre de reclassement  aux 212 rêveurs.
"Chers rêveurs et rêveuses, vous avez été de fidèles et loyaux sujets, nous, penseurs de la grande usine sans couleur, ambassadeurs de la voyoucratie industrielle, héritiers sans mémoire de cinquante ans de catastrophes sociales, nous vous offrons un voyage sans retour vers un nouveau contrat de travail.452€ de salaire et un CDrom pour apprendre le hongrois en 3 jours,  elle est pas belle la vie ? Allons haut les coeurs, réjouissez-vous chers rêveurs et rêveuses, saisissez l'occasion de fuir le chômage qui vous guette…"

Notre homme plutôt que de s'effondrer sur le canapé, se dirigera vers la cuisine, posera sa main lourde sur la porte du frigo. Bien sûr qu'il sera tenté de l'ouvrir pour attraper un pack de "Kro", et le descendre seul, les yeux dans le vague! Il choisira une autre option. Il se saisira de sa magnette préférée celle qui porte les couleurs sang et or du FC Lens et d'un geste décidé, plaquera pour l'éternité la missive sur la porte métallique. Dans un éclat de rire, il sentira un souffle d'énergie lui réchauffer le coeur, sans contrôler son geste, il ouvrira enfin la porte à son rêve…" Mais ou tu vas René ? je vais à la banque, c'est décidé je me mets à mon compte! Ben René…..attends-moi, je viens avec toi….

Je vous laisse avec cette pensée qui frappe fort d'Ayn Rand (auteur et poète américaine contemporaine), tirée du poème le frisson D'Atlas "Ne laisse pas ta flamme s'éteindre
étincelle après étincelle
dans les eaux putrides du presque, du pas encore ou du pas du tout.
Ne laisse pas périr ce héros qui habite ton âme dans les reflets frustrés d'une vie que tu aurais mérité mais que tu n'as jamais pu atteindre.
Tu peux gagner ce monde que tu désires tant.
Il existe,
il est bien réel,
il t'appartient.
Tout est possible…"

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Le Motivateur


*Samedi 13 Février, les 212 salariés de l'usine Philips de Dreux ont reçu une lettre disant que l'Usine avait fermé ses portes définitivement la veille. La production sera délocalisée dès le lundi suivant en Hongrie. Chaque salarié a reçu une  proposition de reclassement: Un nouveau contrat à durée indéterminée avec 452€ de salaire mensuel mais à condition de parler Hongrois bien sûr "Foutage de gueule quand tu nous tiens"

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vendredi, 12 février 2010

Je veux vivre LIBRE...!

Je vous l'avais annoncé, c'est arrivé. Julie Claden, jeune chanteuse de talent, au parcours assez extraordinaire, a accordé une ITW SUCCES au Blog de l'Atelier de motivation.

...INSPIRANT

l_a07dd270bea24728befd3f4758c52525.jpg"Julie, j'ai raconté votre histoire il y a quelque temps, cette "double vie" que vous meniez! Aujourd'hui qu'en est-il, avez-vous franchi complètement le pas ?

Dans ma tête certainement, je me sens complètement chanteuse, je travaille pour ça, j'explore les étendues de ma voie pour obtenir un son soul/blues, je travaille dur .

Vous avez  encore un emploi à côté, votre employeur soutient donc votre projet , c'est plutôt rare ? Il a été dur à convaincre ?

Il a accepté un aménagement de mes horaires, il sait que ça bouillonne en moi, je suis une passionné. Mais ça ne s'est pas fait en un jour, croyez-moi!


Vous avez décidez de laisser plus de place à la chanteuse "qui bouillonne en vous", concrètement vous êtes en train de professionnaliser votre démarche, Quel a été le DECLIC à cette prise de risque ?

Je chante depuis longtemps sur scène, d'abord des reprises, puis je me suis mise à écrire des textes. Un premier CD single est sorti, vendu au profit de L'unicef.Tout d'un coup je touchais vraiment du doigt ce métier: l'écriture, l'enregistrement, la promotion, la rencontre avec le public sur une chanson "à moi" cette fois. Cette étape m'a donné confiance et  je suis passée à l'écriture de mon premier album, là c'est devenu un "full time job" . Vivre sa passion au quotidien, créer, composer, s'exprimer sur scène, chaque jour l'envie se fait plus forte.

Pendant ces années d'apprentissage, j'imagine que par moment vous avez dû douté, dans ces moments de doutes à quoi vous raccrochiez vous ?

Au début, c'est à dire depuis le temps que je chante sur scène je n'ai jamais vraiment douté! je chantais les autres c'est peut-être pour ça…Mais dès lors que la décision d'écrire s'est imposée, j'étais exaltée et parfois en proie au doute c'est vrai. Spécialement pendant la construction de l'album "Behind the line". Je voulais absolument que mon univers soit identifié dès la première note, le premier mot. J'avais des choses à dire mais pas question de faire comme tout le monde!. Six mois de travail et rien n'est resté…là j'ai douté un peu, peut-être beaucoup je ne sais pas vraiment…Je devais arriver à retranscrire mon univers!l_da500286d6094e4da761259cb6fb284e.jpg

Quelle était la  pensée parade pour combattre ces pensées parasites ?

Je me martelais l'idée que la musique était ma passion, que j'avais une chance énorme que plusieurs personnes croient en moi, j'étais dans les conditions idéales pour débuter une carrière, que c'était mon envie profonde alors si d'autres y étaient arrivés avant moi POURQUOI PAS MOI !

Il n'était écrit nul part, sur aucune de vos partitions, ni dans aucun livre que ce n'était pas possible ?

On peut aussi le dire comme ça ! je dois vous avouer un de mes trucs (dit-elle dans un éclat de rire un peu gênée) . Dans les moments de doute il m'arrive d'écouter une chanson d'Alanis Morissette, ça me permet d'évacuer…

Julie, Pouvez-vous me donner votre définition du SUCCÈS ?

(silence et je devine, profonde inspiration…) Entreprendre coûte que coûte…! Si la réussite est au bout du chemin c'est encore mieux. Mais pouvoir écrire, monter sur scène, transmettre et toucher un maximum de gens, c'est vraiment mon idée du Succès.

C'est ce qui vous guide au quotidien ?

Un grand OUI…Ma vie d'artiste est sur scène, c'est mon oxygène. Procurer des émotions, pas mal comme programme, vous ne trouvez pas ?

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Dans la chanson intitulée "L'expérience" vous chantez avec conviction "Je veux vivre LIBRE", comment est née cette chanson ? Provient-elle d'une frustration lointaine ?

Cette chanson est née il y a trois ans lorsque l'idée de devenir chanteuse occupait de plus en plus mon esprit. À cette époque je devais, inconsciemment ou non, être prisonnière de la pensée collective "La chanson c'est pas un métier, pas un métier sûr!". Je sentais une force en moi, comme une évidence mais je n'osais pas. Indirectement je me mettais un supplément de pression en imaginant la réaction de ma famille. Alors qu'en fait pour eux, et je l'ai bien compris depuis, le plus important est que je m'épanouisse. "Je veux vivre libre" c'est donc un cri du coeur, un souffle de motivation qui vient de l'intérieur pour m'encourager à passer le cap…à devenir ce que je suis profondément.

Peux-t-on imaginer un" LIBERTY TOUR Julie Claden" prochainement en Suisse Romande ?

Je l'espère vraiment. Et pour tout vous dire j'ai déjà des contacts. J'ai hâte de chanter en Suisse.

Merci Julie

Merci cher Motivateur...

 

Julie Claden en concert Acoustique : "L'expérience" extrait de son premier album "Behind the Line" (http://www.myspace.com/juliecladen)



10:37 Publié dans Succès | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : julie claden, behind the hill, l'expérience | |  Facebook

mercredi, 10 février 2010

Le Motivateur est en berne ce matin

Il y a quelques jours  un homme est mort. Cet homme était plus que mon ami, plus que mon frère. Cet homme était une partie de moi et pourtant je n'ai pas été en mesure de prononcer les mots qui auraient pu freiner ou même faire échouer les plans diaboliques du mal qui le rongeait. De quoi souffrait-il exactement ? comment dire simplement qu'il est tombé victime de sa vie?

Je devine certaines de vos pensées…que veut-il dire ? le motivateur fait son "coming out" ou quoi ? tu te rends compte….

Nos histoires à tous ont en commun un besoin d'amour. Pourtant certains d'entre nous n'ont pas été désiré, pas aimé puis abandonné à leur vie. Alors se construire affectivement avec un trou béant dans le coeur, demander le programme Messieurs Dames, pièces en 18 actes, pas de temps morts, effet miroir garantie, ceux qui sortent avant la fin ne seront pas remboursés.
On s'agite, on aime, on veut se faire aimer, on en fait des efforts, oh ça oui ! pourtant plus on s'agite moins on parvient à colmater le trou béant qui défigure sa réalité. Imaginer que vous êtes assis dans votre salon, contemplant l'air béat un feu de cheminée, toutes les deux minutes vous vous cassez le dos à nourrir le feu de bonnes grosses bûches pour éviter qu'il ne s'éteigne, le trou spectaculaire dans le mur du salon laissant entrer les bourrasques de vent, du vent des autres. Vous luttez, parce qu'il est hors de question de sacrifier ce moment, on vous en a tellement parlé de ce bonheur d'être au coin du feu que vous aussi, vous compter bien le vivre, cet instant de répit…

Depuis petit , les gens disaient de mon ami :
"celui là il est vraiment mal parti dans la vie",
"Oui,Pas étonnant avec des parents pareils.."
" Parait qu'il à déjà fugué 3 fois, vous saviez"
"Moi,le boulanger m'a dit qu'il se droguait..si si je vous jure!"

Effectivement il trainait sa grande carcasse longiligne lestée de plusieurs kilos de handicap, tous logés dans le cortex préfrontal, c'est à dire dans sa mémoire vive… Quiconque a, au moins une fois, tenté de refouler "des images guerrières", vous savez celles qui vous assaillent la nuit, le jour, par derrière, lâchement, sait de quoi je parle…Chacun de ses voyages était long et épuisant.

Oui, il était mal parti, mais à la manière de Mari Dô dans son poignant livre "Fais danser la poussière "  il se répétait sans cesse "pas question d'être victime de ma vie". Il avait choisi une façon majestueuse d'être secouru, il voulait être un rescapé par le rêve…Ce refus d'un réel voulu par d'autres pour soi qu'on transpire en créativité…si c'était là une définition possible pour la RESILIENCE.

Certains ne s'en remettent jamais, d'autres s'en servent pour se sublimer. La qualité de la résilience dépend toujours et totalement des constructions affectives. Boris Cyrulnick parle " de Métamorphose de l'horreur" Nos blessures devenant un nouvel organisateur de notre personnalité . Une nouvelle ressources dans laquelle nous pouvons puiser énergie, force et conviction.

Rescapé par le rêve donc, devenu peintre à l'adolescence, plus par conviction que par talent ou passion de la peinture. Son oeuvre d'une noirceur encourageante, de celle qui nous invite inexorablement à emprunter une autre voie, de celle qui nous protège contre nous même, une oeuvre protectrice pour les autres s'est vendue à travers le monde, atteignant parfois des sommes folles, faisant la joie de riches collectionneurs.

Mon ami, lui,  est parti, emporté par ses excès démesurés de COURAGE …! Dans sa concentration à témoigner à travers son oeuvre pour favoriser l'épanouissement des siens, mettre à l'abri du besoin sa famille, son trou ne s'était que partiellement rebouché, laissant des brèches insidieuses ici et là. Avec le temps ces brèches ont gangréné les murs porteurs, déjà bien fragiles…

Je n'ai pas su, plus jeune, comprendre, parler ou peut-être même voulu affronter l'ennemi de mon ami. Avec lui.Pour lui. Alors finalement la seule chose que j'ai envie de vous dire ce matin c'est "ouvrez grand les yeux ", chacun d'entre nous peut-être un tuteur de résilience pour quelqu'un d'autre. Regardez autour de vous, ne marchez plus les yeux rivés au sol, lever la tête...

Tout de même…Heureux de contribuer à votre SUCCÈS

Le Motivateur.

lundi, 08 février 2010

40 "Motivational speeches" en 2 minutes !

Bonjour,

Soyons légers pour attaquer cette nouvelle semaine riche en perspectives ! Deux minutes de motivation en image ça ne peut pas faire de mal !

Prenez quelques secondes pour visionner ce "medley" et à l'assaut...


Heureux de contribuer à votre SUCCÈS

Le Motivateur

mardi, 02 février 2010

Chronique d'un succès annoncé


"Docteur en pharmacie le jour, envoûtante chanteuse soul la nuit" cette bande annonce tourne en boucle sur les ondes pour célébrer le dernier blockboster américain. Dans le rôle de la star dont on devine au titre,  la trajectoire hors du commun, Beyoncé , plus megastar et inaccessible que jamais. Une fable imaginée par les financiers d'Hollywood pour drainer dans un même élan solidaire vers les salles obscures, les familles endettées, "les ados" en mal d'identité ou encore tout ceux qui, par dépit ou fatigue chronique, ont renoncé un jour à leur rêve préférant s'offrir à bon compte quelques séances de rattrapage express…le popcorn en prime…!
Des recettes record dès le premier Week-End d'exploitation, encore un Succès Yankee.! La routine…

Sauf que ce succès n'a pas encore eu lieu mais se profile à l'horizon. Il ne se prépare pas du côté d'Hollywood boulevard mais à Strasbourg. La bande annonce n'est pas en train d'être enregistré dans les studios de Timbaland ou de Jay Z  mais au studio Ange...de Strasbourg. Et plus sensationnel encore, l'héroïne n'est pas Beyoncé mais Julie Claden….!

Julie Claden, jeune strasbourgeoise de 28 ans est réellement docteur en pharmacie le jour et chanteuse la nuit . Une histoire simple  d'une jeune femme  partie à l'assaut de sa montagne avec la ferme intention de devenir l'héroïne de son histoire.

"Bien des gens meurent sans avoir composer toute leur musique. Trop souvent, c'est parce qu'ils passent leur temps à préparer ce que sera leur vie au lieu de la vivre. Et avant qu'ils ne s'en rendent compte, le temps leur à filé entre les doigts" disait Oliver Wendell Holmes

Julie Claden a depuis longtemps composée sa musique…. pour chante-t-elle " Vivre Libre"

Je vous laisse découvrir en image une version acoustique live de deux titres de son premier album "behind the Hill"

Heureux de contribuer à votre SUCCÈS

Le Motivateur


 




 

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mardi, 26 janvier 2010

Carnet de joie


En tant que motivateur mes sources d'inspirations sont multiples, j'ai cependant un faible pour les contes et les légendes que j'adapte parfois très librement pour à mon tour vous inspirer.
L'histoire* que je vais vous raconter aujourd'hui me rappelle à quel point nous faisons parfois un mauvais usage du plus précieux et fragile de nos biens: le temps qui passe…

Avez-vous déjà rencontré un chercheur ? un vrai, un qui passe son temps à chercher, qui ne sait pas nécessairement ce qu'il cherche d'ailleurs mais c'est sa raison d'être.

Vous êtes-vous déjà demandé si les chercheurs devenaient des "trouveurs", ou placent-ils simplement le sens de leur vie dans cette quête infinie ?

Un jour, un chercheur venu poursuivre ses recherches dans le village de Svechtari, enclave séfarade située au nord-est de la Bulgarie, appris l'existence d'un parc magnifiquement arboré au centre duquel se trouvait une prairie verdoyante et joliment fleurie. Il décida d'y aller se promener pour réfléchir à ses recherches en cours. Arrivé au parc, la végétation plus abondante que ce qu'en avait raconté les villageois l'obligea à s'aider de la main pour se frayer un passage. Ses yeux fouillaient le sol, scrutaient les arbres et parce qu'il avançait à tâtons comme on cherche un trésor il eu la chance d'apercevoir des petites pierres blanches réfléchissant la lumière.
En s'approchant de plus près il pu voir cette inscription sur l'une d'elles
" Hadar , vécu 10 ans, 6 mois, 3 semaines et 2 jours"

Ces jolies pierres blanches étaient donc en réalité des pierres tombales. Le chercheur senti une peine immense à l'idée de la famille pleurant son enfant parti si tôt. Il pleura.

Cherchant une pierre ou un rondin pour s'asseoir, il buta sur autre pierre blanche sur laquelle était gravée
" Yanev, vécu 6 ans, 2 mois, 1 semaine et 1 jour"

Le chercheur se sentait vraiment de plus en plus désemparé d'avoir tant chercher pour trouver "ça"…Un cimetière d'enfants. Quelle horreur, quelle tristesse ne cessait-il de gémir.

Attiré par les pleurs du chercheur, un vieil homme s'approcha
"Toi aussi tu viens pleurer ces pauvres enfants ?" lui demanda le chercheur
"Non, moi je suis le gardien du cimetière"
"Ah je vois, ça ne te fais plus rien, tu t'es habitué…"
" Non pour moi ça reste un bonheur !"
"Que dis-tu vieux fou, quelle malédiction a bien pu s'abattre sur ce village pour avoir du construire un cimetière d'enfant et confier les clefs à un gardien sans coeur ?" le chercheur éclata de nouveau en sanglot.

Le vieux gardien éclata lui de rire et dit
"Mais calmes-toi, point de malédiction à Svechtari, simplement une coutume que nous respectons, je vais t'expliquer"

"La coutume veut que dès qu'un enfant atteint l'âge de 15 ans, ses parents lui offrent un carnet , identique à celui que je porte pendu à mon cou, pour qu'il puisse y noter tous les moments qui lui procureront du plaisir.Tous les moments où il jouira intensément de quelque chose , il ouvrira le carnet et notera

à gauche ce qui a donné de la joie
à droite, combien de temps a duré cette joie


"Il a rencontré une jeune fille au bal, il l'a aimé au premier regard. Combien de temps a duré le bonheur enivrant de ce regard ? Combien de temps a-t-il senti son coeur se serrer avant d'oser l'inviter à danser? Combien de temps a duré l'intensité de leurs premières conversations? Une semaine, deux, peut-être trois ?…

"Et puis…l'émotion du premier baiser, ce merveilleux plaisir qu'il a dû ressentir, combien de temps a-t-il duré ? une seconde, une minute, l'a-t-il garder en mémoire toute sa vie ?

"Et leur mariage ? leur première maison ? l'enfant tant désiré ? les compliments de ses amis et clients ? Combien de temps a durée toute cette joie, des heures, des jours, des mois …?

"Tu vois c'est ainsi que nous concevons la vie. Lorsque que l'un d'entre nous meurt, nous avons coutume d'ouvrir son carnet et de faire la somme des moments de joie pour l'inscrire sur sa tombe. PARCE QUE VOIS-TU CHERCHEUR, POUR NOUS, CE TEMPS EST LE SEUL ET VERITABLE TEMPS VECU*…

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Le Motivateur


* Librement adapté de J.Bucay "le chercheur"

vendredi, 22 janvier 2010

Motivation: Mode d'emploi

Les cadeaux de Noël pas encore remboursés, le salaire  pas encore payé, les bonnes résolutions de ce début d'année presque déjà oubliées, cette troisième semaine de Janvier a pris des allures de "déjà vu" ! Pourtant passé cette éphémère déprime, dès Lundi vous repartirez à l'assaut de votre montagne la fleur au fusil, plus motivés que jamais!

Peux-t-on vraiment décider d'être motivé ? D'où vient cette énergie qui nous habite parfois et nous permet de visiter des contrées insoupçonnées?
La motivation s'actionne t-elle comme un interrupteur lorsque l'on pénètre dans une pièce trop sombre ? On: je suis motivé; off:je suis démotivé
Comment s'assemble ce moteur puissant?

La motivation se construit pièce par pièce, se consolide, s'entretient , c'est un travail quotidien. Son secret réside donc, dans votre aptitude à formuler et planifier avec précision vos objectifs à court, moyen et long terme. Quel que soit le modèle, la motivation ne tolère qu'un seul carburant: l'ACTION

Conquérir l'Amérique, faire gangster ou star de ciné, gagner la coupe du monde de football, accompagner Angelina Jolie au Malawi sans Brad, devenir chef de service ,  ce sont là des objectifs de résultats  qui manquent singulièrement de précision.Par définition ce genre d'objectif est fortement anxiogène parce que NE DEPENDANT PAS DE VOUS mais d'une multitude de facteurs extérieurs que votre simple volonté ou même votre immense talent ne pourront combler suffisamment rapidement.

Et dans ce cas , le risque d'être rapidement DEMOTIVE par l'ampleur de la tâche et le manque de résultats immédiats, vous guette.

Si un objectif élevé et pas encore suffisamment précis peut servir à sortir un orteil voir deux de votre lit, il ne sera d'aucune utilité pour franchir votre porte, l'air conquérant ! Attention!  car le côté confortable d'un objectif élevé, c'est qu'il fait un excellent alibi en cas de démotivation précoce du trainard professionnel.

Considérez maintenant un de vos objectifs de résultat et décomposez le en de multiples petits objectifs intermédiaires que vous appellerez " vos petites victoires remportées sur le quotidien". Ces dernières se gagnent avec pour seules armes, les forces du moment, les forces mobilisables sans sensation d'effort supplémentaire ni de mise en danger. Cette somme d'actions QUI NE DEPEND QUE DE VOUS, va consolider votre confiance, renforcer cette sensation indicible que vous vous rapprochez du but et vous renvoyer la douce image du travail accompli.Encore une journée au cours de laquelle vous allez être votre meilleur allié...

Laissez-moi maintenant vous raconter l'histoire du "miraculé des neiges"…

Henri Guillaumet, pionnier de l’aviation française a survolé les Andes, l’Atlantique Sud puis l’Atlantique Nord, contribuant à ouvrir de nombreuses nouvelles routes. Il était alors, avec Mermoz, considéré comme un des meilleurs pilotes de l’époque : « Je n’en ai pas connu de plus grand » dira de lui Didier Daurat, son patron de l'Aéropostale. Antoine de Saint-Exupéry, son ami, lui dédiera " Terre des hommes" en 1939
Le vendredi 13 juin 1930, alors qu'il survolait les Andes pour la 92e fois pour le compte de l’Aéropostale, il s’écrase avec son Potez 25 à la Laguna Diamante, sur le mont Maipu à 6000 mètres d'altitude.
Abruti par le choc, tétanisé par le froid, Guillaumet pensa  "je  ne veux pas mourir ". Cet objectif comme guide il se mit à marcher dans la neige. Deux jours durant, Guillaumet se traina sans savoir si sa lente progression le conduirait vers des visages amis. À l'aube du troisième jour, il s'effondra face contre terre, laissant la neige recouvrir son corps, le blizzard geler son âme. Fatigué de lutter pour un objectif si lointain, aucun signe de réconfort pour lui donner la force de se relever…
C'est alors que Guillaumet,  dans un éclair de lucidité,  eu cette pensée:"Si je meurs ici, enseveli sous la neige, prisonnier des glaces, la probabilité pour mes compagnons de retrouver mon corps est faible. Si personne ne retrouve mon corps, ma femme ne touchera pas de pension…Je dois donc trouver un abris". La vie, la mort ne comptait plus à cet instant, seul objectif: se mettre à l'abri. Rassemblant ses dernières forces, Guillaumet parvint en rampant à se hisser sur un rocher et s'appuyer contre une paroi.
Rassuré et presque heureux d'avoir remporté cette victoire sur l'impensable, il sentit un regain d'énergie envahir son corps et se mit à croire possible de passer à un objectif plus ambitieux : trouver un meilleur abri, un autre rocher!
De Rocher en rocher, d'abri en parapet, Guillaumet marcha, rampa, se hissa, encore trois jours pour finalement réussir à regagner la vallée..VIVANT

"es impossible " s'écrient  les habitants des vallées  "que motivacion! ", À Antoine de Saint-Exupéry, venu le rechercher, il déclare : "Ce que j’ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait ".

Si Henri Guillaumet avait gardé en tête son seul objectif de résultat initial: VIVRE, il serait certainement mort au bout de deux jours! En reformulant ses priorités, il s'est offert la possibilité d'y croire. Geste après geste, aussi lente que fut  sa progression, il a franchi victorieusement tous les obstacles dressés sur sa route, pierres, rochers, parois, pentes, cols, froid, peur et solitude, RECONSTITUANT À CHAQUE PAS suffisamment d'ENERGIE pour faire LE SUIVANT….

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Le Motivateur





lundi, 18 janvier 2010

No Comment...

Bonjour

J'ai eu envie, pour attaquer cette semaine, de partager avec vous une vidéo inspirante qui remet bien les idées en place...!

...No Comment

Je vous laisse avec cette pensée qui frappe fort de Ida Scott Taylor... "Ne pleurez pas votre passé car il s'est enfuit à jamais, et ne craignez pas l'avenir car il n'existe pas encore. Vivez dans le présent et tâchez de le rendre si beau que vous vous en souviendrez toujours."

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Le Motivateur


vendredi, 15 janvier 2010

STOP aux voleurs de rêves

 

Paul Potts, un sympathique vendeur anglais de téléphones mobiles avait un grand rêve petit garçon, celui de chanter un jour un air d'opéra devant la reine ! ben voyons rien que ça !¨. Bien que tous s'accordaient à dire qu'il poussait bien la chansonnette il était devenu au fil des années la risée de la famille, de ses collègues de travail et du pub qu'il fréquentait.

"Une chanson Paul, une chanson!" Paul s'excutait pour faire plaisir, mais lui, ce qu'il voulait c'était chanter devant la reine pas pour une bande d'ivrognes.

Le Succès à ceci de magique qu'il arrive lorsque l'on ne l'attend pas ou plus... Pour Paul le succès lui a tendu les bras sous la forme d'une publicité pour l'emission très populaire Britain Got Talent. Nous sommes alors en 2007 et Paul voit là le signe qu'il attendait... je vous laisse découvrir la suite en image...un détail observez bien la moue dubitative des membres du jury à l'évocation du mot opéra! Parions qu'à ce stade ils sont à cent lieux d'imaginer la suite...


 

Bien joué Paul, plus personne ne va te réclamer de chansons au Pub mais des tonnes d'autographes. Paul gagna cette année là le concours Britain Got Talent  et devinez quelle fut sa récompense... Je vous laisse également le découvrir en image


On raconte que la reine, si émue par cette performance magistrale, demanda à s'entretenir avec Paul en privé.

Paul a vendu à ce jour plus de 4 millions d'albums et s'est produit sur les scènes des Opéras de Londres, Prague, Chicago, New-York...

Quelques soient vos projets, vos rêves, ne renoncez jamais, il n'est ecrit nulle part que c'est impossible et ne laissez pas les VOLEURS DE RÊVES vous dire le contraire.

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mardi, 12 janvier 2010

CAN 2010: Quand David triomphe..!


Décidément cette CAN 2010 est riche en émotion. Affligeante d'abord avec la fusillade du bus togolais, 2 morts, 2 joueurs bléssés par balles et une nation meurtrie, puis enthousiasmante (même si le contexte ne s'y prête guère) avec la victoire du Malawi sur l'Algérie par 3 à 0.L'Algérie avec ses vedettes évoluant en Europe, qualifiée pour la coupe du monde en Afrique du Sud est prétendante au titre africain suprême . Le Malawi, toute petite nation de football, 99eme  au classement FIFA, aucun joueur de réputation internationale n'affiche aucune ambition! Sur le papier pas un spécialiste, pas un bookmaker ne miserait un dollar sur cette équipe et pourtant  nulle part est écrit " impossible à faire" surtout pas au Malawi.

L'équipe du Malawi est venue jouer la CAN pour s'aguerrir, progresser sans autre forme de pression que celle de se faire plaisir, de vivre un ou plusieurs grands moments. Jamais elle ne s'est projetée dans la victoire ou la défaite, elle n'a pas joué le match avant l'heure. Elle ne s'est pas demandée non plus quel accueil lui réserverait le pays en cas d'élimination prématurée.

Et si c'était cela le plus court chemin vers le succès ? Prendre les événements comme ils viennent, un par un, geste après geste !
Et si la motivation étaient avant tout liés aux objectifs à court terme, seuls susceptibles de nous éclairer sur nos réelles capacités et donc de renforcer notre confiance. Vous savez cette force indicible qui va et qui vient au gré du vent et de ses envies et qui nous projette dans la peau d'un vainqueur…À l'image de son buteur David Banda, 35 ans, la joie d'être là et de montrer l'étendue de son talent était déjà une motivation en soi.

Combien d'entre-nous  ont-ils endossé avant l'heure le costume du "je m'y vois déjà…"  qui se transforme presque toujours après minuit en survêtement défraichi ? Que ce soit en équipe ou individuellement "un objectif apparemment élevé peut être un stimulant pour prendre son vol, mais il peut aussi servir à justifier ceux qui se traînent…*!"

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Le Motivateur

*J.Bucay

jeudi, 07 janvier 2010

Le Chômage est un monstre sournois...


Ils sont 14 ce matin là, à me scruter quand je rentre dans la salle. 14 candidats à un retour à l'emploi rapide. S'ils sont tous là c'est qu'ils vivent le chômage depuis plusieurs mois déjà. Des cadres, des secrétaires, des ouvriers, des vendeuses, un panel relativement représentatif comme d'habitude. Presque la routine ! Pourtant ce jour là mon Bonjour, que je souhaite le plus franc et massif possible raisonne dans leur regard comme un échos sourd. Je ne m'attends jamais à déchaîner les passions dès les premières minutes, personne ne grimpe sur la table à ce stade de l'atelier mais un accueil aussi glacial est plutôt rare. De deux choses l'une, ou j'ai oublié d'enlever mon casque avant d'entrer dans la salle et auquel cas c'est normal ou ils sont particulièrement à bout de nerfs.


Le chômage est un monstre sournois qui s'infiltre dans votre vie jusqu'à prendre le contrôle de vos pensées, de vos rêves, de vos projets. Son ombre plane sur vos rapports sociaux, votre vie privée. Les dommages collatéraux sont terribles. Un monstre capable de mettre à terre en moins de 3 mois les plus motivés à s'en sortir. Se lever tôt, se raser,  se maquiller, s'habiller "en tenue ", lire la presse, consulter sa boite mail de moins en mois crépitante (on serait presque content d'ouvrir les spams!), devient un calvaire.


Ce jour là les armes dont je dispose pour enrayer la progression du monstre ne font pas le poids, pour épée ma hiérarchie m'a courageusement doté d'un support de cours anesthésiant, comme bouclier, un texte insipide et théorique, comme fidèle destrier, un beamer mal réglé! Et si je me servais de ce que j'avais moi même vécu ? Si je mettais un peu d'émotions dans tout ça ? Si on se marrait un peu pour une fois…? Rire devient vite une hygiène de vie quand les légionnaires du monstre attaquent à coup de formules assassines: "Vous êtes trop vieux!, difficile pour un senior de 40 ans (sic) de se recaser!, votre parcours est impressionnant !" Allons une peu de franchise messieurs, vous devriez oser la phrase qui vous brûle les lèvres "votre uniforme de looser vous va si bien pourquoi changer ?" nous serions à quoi nous en tenir au moins...


Mon personnage de Motivateur est né ce jour là, en acceptant de me dévoiler, en cherchant à distraire ces hommes et ces femmes avec leurs propres histoires pour leur permettre de ré-identifier leur talent,  je me suis trouvé.

Six d'entres eux Georges, Nathalie, Josiane, Alain, Pierre et Carole vont prendre la parole tour à tour pour se plaindre et critiquer le système, les patrons, les frontaliers, leur entourage qui ne les comprends plus  puis entraîner le reste de leur collègues à faire de même.
J'ai vécu Cet atelier qui dura 9 heures sur 3 jours comme un huit clos dramatique et drôle à la fois, souvent tendre aussi. Tous les défis que nous réserve l'existence ont été abordé, débattu, conspués. Ils m'ont inspirés certaines de ces histoires déjà parues sur ce blog et bien d'autres à venir.

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Le Motivateur